UNE GRANDE EPIDEMIE PEUT-ELLE DETRUIRE l’HUMANITE ?

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E. Coli, Vache folle, grippe aviaire, grippe A, Ebola  ou zika, les alertes se suivent et inquiètent autant la communauté scientifique que les politiques. Chikungunya et dengue reviennent opportunément dans les DOM. Les microbes mutent, des souches bactériennes résistantes aux plus puissants antibiotiques sont déjà apparues en Inde. Sommes-nous à la veille d’une grande épidémie qui pourrait détruire l’humanité? Quel virus serait le meilleur candidat?

Le film « Contagion » aura remis en lumière, après d’autres films de même nature,  le scénario catastrophe d’une pandémie mortelle. Jugé assez réaliste par les spécialistes eux-mêmes ce film réveille de grandes peurs.

Il y a plus de 7 milliards d’humains sur terre aujourd’hui. La population a été multipliée par 7 en 2 siècles seulement. Plus de la moitié de l’humanité s’entasse dans des villes gigantesques comme Tokyo : 38 millions d’habitant, New York : 23 millions, Mexico 23 millions, etc.  Les 100 plus grandes villes du monde comptent plus de 4,2 millions d’habitant. Les concentrations humaines et animales sont évidemment propices au développement de virus pathogènes. Le risque de voir apparaître une grande épidémie mondiale est donc de plus en plus probable.

@ Un peu d’histoire…

En novembre 1347, un bateau Gênois venu de Crimée arrive à Marseille. Il apporte avec lui la peste noire. Ce fut l’événement qui déclencha l’une de plus grande épidémie de l’Histoire. Elle s’étendit rapidement et on estime qu’elle tua une personne sur trois en France. Elle s’éteignit toute seule vers 1352.

En 1918, la  grippe espagnole aurait décimé selon l’institut Pasteur, 30 millions de personnes dans le monde et trois fois plus selon des estimations récentes. En quelques mois elle fit plus de morts que pendant toute la 1ère guerre mondiale. Elle était due à une souche de virus H1N1  particulièrement virulente et contagieuse qui a disparue brutalement avant qu’on ait trouvé le moindre remède.

La grippe asiatique de 1957, puis celle de Hong Kong en 1968 firent environ 2 millions de morts.

Le Sida dans les années 80, la grippe A en 2009, la flambée de poliomyélite au Tchad, le choléra à Haïti en 2010, l’E. coli en Allemagne et en France en 2011, le zika au Brésil en 2015, les épidémies se succèdent à un rythme soutenu. L’influence  des microbes pathogènes sur les populations humaines est de plus en plus pressante. Si les autorités sanitaires internationales se veulent rassurantes, elles n’en demeurent pas moins en alerte et ont mis en place des « plans » d’action au cas où une épidémie surviendrait. Hélas ! ces plans n’ont pas toujours l’efficacité souhaitée comme nous avons pu le constater en 2009 avec la grippe A, la grippe porcine venue du Mexique.

@ Les facteurs de diffusion

Plusieurs facteurs favorisent l’apparition d’épidémies humaines puis de pandémies (diffusion croissante de l’épidémie).  La pollution potentiellement dangereuse, le climat -tropical en particulier- sont propices au développement de microbes. La concentration excessive d’animaux ou d’humains, l’absence d’hygiène, sont autant d’éléments qui peuvent provoquer l’apparition de pathogènes.  Les mutations de microbes peuvent provoquer l’émergence de souches résistantes et pathogènes, la perméabilité des barrières biologiques entre animaux et animal-humain semble s’être fortement accrue  ce qui favorise les transmissions entre espèces.

Le manque d’hygiène qui sévit notamment dans les couches de populations les plus pauvres, l’absence d’éducation, favorise la transmission et le développement des maladies. Tous ces facteurs sont bels et bien présents sur notre planète. Les migrations et voyages de plus en plus fréquents permettent de diffuser rapidement une maladie contagieuse et d’enclencher le phénomène de pandémie. Le risque d’épidémie puis de pandémie est donc bien réel aujourd’hui. Sans tomber dans le catastrophisme, la probabilité de voir apparaître une pandémie potentiellement mortelle est loin d’être nulle. Les autorités sanitaires tel l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en sont conscientes et s’en inquiètent. Personne ne sait hélas, ni quand ni où elle apparaîtra.

@De bons candidats : Les virus de la grippe :

Les virus de la grippe, très mutagènes (ils varient et s’adaptent), sont classés en 2 principaux groupes : A et B. Deux protéines de la surface de ces virus permettent de les identifier et de les classifier elles sont nommées H ( hémagglutinine) et N (Neuraminidase).

Les virus « influenza », ceux de la grippe, sont parmi les plus surveillés car ils sont très versatiles. Le virus H5N1 aviaire avec transmission des oiseaux à l’homme est potentiellement celui qui pourrait provoquer une nouvelle pandémie. Mais les virus de la grippe ne représentent qu’une toute petite famille de virus.

Une équipe de biologistes néerlandais a mis au point un virus de type H5N1 qui serait transmissible aux mammifères et potentiellement d’homme à homme ce qui le rendrait très dangereux. Ce virus « bricolé » en laboratoire (équipe du Pr Ron Fouchier) est actuellement très protégé pour éviter tout risque de propagation. Mais ces travaux montrent qu’une telle mutation si elle apparaissait spontanément dans la nature pourrait déclencher une terrible épidémie.

@ Des prémices

Depuis une dizaine d’année, des foyers d’épidémies potentiellement dangereux et capables de se répandre dans le monde entier apparaissent régulièrement mais ont jusqu’ici été contenus.  En 2002, le virus SRAS totalement inconnu jusqu’à cette date fit 800 morts et toucha 30 pays. Le 31 décembre 2011, le magazine « Le Point » titrait : « Un cas de grippe aviaire reconnu en Chine ». Il s’agirait d’un homme de 39 ans originaire de la ville de Shenzen près de Hong Kong qui a été diagnostiqué porteur du virus H5N1 et hospitalisé dans un état grave. En septembre 2012 un nouveau virus le « coronavirus-béta » originaire d’Arabie Saoudite tuait plus d’une dizaine de personnes et les autorités sanitaires inquiètent, révélaient qu’une contamination d’homme à homme avait été vérifiée. Le premier cas mortel de grippe aviaire H5N1 en Amérique du Nord a été annoncé le 8 janvier 2014, il s’agit d’une Canadienne revenant d’un voyage en Chine révélait le « Monde.fr ». En Chine sévit depuis plusieurs mois une grippe aviaire de type H7N9 contrôlée par les autorité sanitaires mais qui a  provoqué la mort d’une quarantaine de personnes. Or, a Shanghai, un chirurgien de 31 ans est décédé des suites de cette grippe sans que cet homme ait été au contact de volailles infectées. l’OMS qui suit attentivement le développement de cette maladie concentrée en Chine évoque l’hypothèse d’une transmission d’homme à homme ce qui pourrait  rendre potentiellement dangereux ce virus et enclencher une pandémie[i] .

@ Un virus mortelle peut-il s’étendre à toute la planète?

Le risque de pandémie est  loin d’être négligeable Il est surtout difficilement maîtrisable. Il nous faut donc apprendre à vivre avec ce risque persistant et croissant avec le temps et la pression biologique. Pour le réduire, il est important de rester vigilant individuellement en s’informant et en respectant a minima et plus, les règles de l’’hygiène élémentaire.

Le risque de voir un jour l’humanité disparaître sous l’effet d’une pandémie mortelle est en fait très peu probable. En effet, nous sommes tous différents ; notre patrimoine génétique offre une multitude de défenses et de mutations. En cas de forte pandémie même mortelle, il s’opérera naturellement une sélection.  Les individus les plus réceptifs à l’a maladie disparaîtront. Mais il y en aura toujours qui résisteront. Certaines personnes par exemple ne contracte pas le Sida alors qu’elles ont été infectées par le virus HIV. Notre organisme est programmé pour lutter contre les maladies, certains survivent et s’adaptent quand d’autres subissent et meurs – c’est ainsi.

Dans le scénario, assez improbable, d’une pandémie mondiale et mortelle qui décimerait une grande partie de l’humanité, les survivants  pourraient, eux, transmettre à leurs descendants, les gènes de résistance dont ils ont hérité et qui les ont sauvé. L’humanité se régénèrerait jusqu’à ce qu’une nouvelle pandémie -de nature différente- surviennent et engendre une nouvelle sélection…

CS.com, janvier 2012 mis-à-jour : le 21 janvier 2014, février 2016

 


[i] voir également « Les Echos.fr » international- 21 janvier 2014

 

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