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Perturbateurs endocriniens : l’inquiétude de l’Ordre des Médecins.

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« Caraibesante.com » avait averti des dangers des perturbateurs endocriniens (P.E) dans son article «  P.E : le scandale sanitaire silencieux » publié dès 2016. Aujourd’hui c’est le Conseil de l’Ordre des médecins qui lance une alerte sur ces substances qui ont envahi notre quotidien.

En pleine polémique sur la nouvelle norme de consommation de la Chlordécone et sur l’autorisation d’utilisation du pesticide glyphosate – avec comme chef de file le fameux « Roundup » de la firme Monsanto –  l’Union Européenne a succombé une fois de plus au lobby international de l’industrie phytosanitaire et des agriculteurs. Or, il a été scientifiquement démontré que la Chlordécone est liée au cancer de la prostate. Quant au glyphosate il est classé « cancérigène possible » selon l’organisme indépendant CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). C’est aussi un perturbateur endocrinien. Cet herbicide déversé par milliers de tonnes tous les ans dans le monde est accusé par Muriel Robin, auteure du film réquisitoire : «Le Roundup face à ses juges » d’interférer fortement avec la santé humaine. Cette journaliste d’investigation assure même que chacun d’entre nous est contaminé par ce pesticide abondamment déversé sur les terres agricoles mais aussi dans les jardins de particuliers. Et « naturellement » on en retrouve dans notre assiette.

2@ Qu’est-ce qu’un P.E ?

C’est une substance chimique qui agit, même à dose extrêmement faible, sur notre système hormonal. Elle le « perturbe » ce qui a des conséquences néfastes sur l’équilibre général et sur la santé humaine et animale.

Le Conseil de l’Ordre des médecins français, généralement très frileux, vient néanmoins  de publier ses inquiétudes sur ces substances très particulières dans son dernier bulletin de l’Ordre ( n° 51, septembre 2017) en titrant : « Perturbateurs endocriniens : à la veille d’une crise sanitaire majeure ? » revue destinées aux seuls médecins.

André Cicolella, chimiste toxicologue mesure les effets des P.E. « Nous sommes confrontés à des épidémies mondiales de maladies chroniques  notamment les cancers hormono-dépendants ». Pour lui les P.E constituent une explication au développement de ces maladies tels les cancers du sein et de la prostate qui sont les plus fréquents dans la population mondiale. Il cite aussi le diabète, maladie hormono-dépendante, en progression « vertigineuse ». Le Dr Kah, neurobiologiste rappelle le triste effet du distilbène consommé en France entre 1948 et 1977 par plus de 200.000 femmes enceintes. Les conséquences sur la santé de leurs enfants (les filles) se sont révélées extrêmement graves et sur trois générations.  Car les effets des P.E  se prolongent  et se transmettent à la descendance.  C’est ce qui inquiète le plus les chercheurs désarmés face à la prolifération de ces substances dans notre quotidien.

1@ Incontrôlables

Les P.E sont désormais partout et il est bien difficile de tous les identifier. Pire, les combinaisons et cocktails de P.E sont courants et ont des effets totalement inconnus sur la santé humaine ou animale. Le phénomène est tellement important qu’il apparaît incontrôlable. Le Dr Mourgues du Conseil de l’Ordre prétend que le coût sanitaire des P.E est estimé à 150 milliards d’euros et qu’il ne s’agit là que de la partie » émergée de l’iceberg ». Le problème reste entier.

Le journal « Le Figaro » annonce dans un article discret et signé le « Figaro.fr » que la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) a découvert dans 140 produits cosmétiques des « substances interdites » ( dont des parabens…) suite à un contrôle et une information apportée par l’association de consommateur « UFC que Choisir ». Le sujet est donc de plus en plus brûlant et d’une extrême complexité. Mais il ramène à un choix politique majeur :  économie ou santé? L’Union Européenne semble sourde au simple principe de précaution et aux arguments des scientifiques indépendants.  Déjà affaiblie dans l’opinion publique, elle joue sa crédibilité. Les débats à venir risquent de provoquer de violents échanges, et plus encore…

CS.com

Le Figaro économie : « Plus de 140 produits cosmétiques contiennent des substances prohibées ( DGCCRF) »- 26 octobre 2017