Mieux connaître les moustiques pour les combattre

ENVIRONNEMENT, FOCUS Commentaires fermés sur Mieux connaître les moustiques pour les combattre 63

Les moustiques sont les insectes qui transmettent le plus de maladie à l’homme comme à l’animal.  Certains de ces redoutables arthropodes  sont des suceurs de sang qui véhiculent des virus ou des parasites. Dengue,  Chikungunya, Zika, fièvre jaune, paludisme, filariose, etc. ces bestioles  nous empoisonnent la vie et avec le réchauffement climatique leur prolifération va encore augmenter!

Il existe environ 3000 espèces de moustiques dans le monde.  En France on a recensé pas moins de 65 espèces de moustiques. Dans les caraïbes et à la Martinique en particulier, il existe 22 espèces de moustiques différents et 6 piquent l’homme. Seules les femelles piquent car elles ont besoin de sang pour la maturation de leurs œufs. Les 3 familles de moustiques les plus connues sont : les Aedes, les Culex et les Anophèles.

Les Culex qu’on appelle aussi « maringouin » sont les plus communs des moustiques. Ces insectes nocturnes mesurent de 5 à 6mm de long et se reproduisent dans des eaux riches en matières organiques. Ils fréquentent les eaux sales et usées pour se reproduire. De couleur marron, ils évoluent dans un grand rayon d’action qui varie de 500 m et jusqu’à 10 km ! Ils sont principalement vecteurs de parasites comme la filariose (gros pieds) et du virus du Nil occidental (West Nile) qui peut provoquer des méningites ou encéphalites. En France, cette maladie est déjà présente en Camargue où elle a touché des chevaux mais également l’homme. Les Culex peuvent aussi transmettre  l’encéphalite japonaise maladie qui sévit  dans l’extrême sud-est de la Russie, toute la région Asie, l’Inde et l’extrême nord de l’Australie. Le virus de l’encéphalite japonaise peut provoquer chez l’homme une inflammation grave du système nerveux central (cerveau, moelle épinière et méninges). Elle peut être mortelle[1]

Les Anophèles qui piquent surtout en soirée sont les vecteurs privilégiés du paludisme encore appelé malaria. Elles pondent jusqu’à 150 œufs et prolifèrent surtout dans les plaines inondables. On a constaté la présence d’Anopèles à la Martinique mais aucun cas de paludisme autochtone n’a été signalé à ce jour.

@ Les redoutables Aedes

Peu véloce mais très agressifs les moustiques appartenant à cette famille sont en train de conquérir de nombreux territoires.  La piqûre des Aedes provoque souvent une cloque plate semblable à une ampoule. Pour se reproduire les Aedes choisissent des eaux propres comme les flaques d’eau après une pluie. Avec  les épidémies de Dengue de Zika et de Chikungunya  le public connaît un peu mieux le célèbre moustique « tigre ». Il appartient à la famille des Aedes et  il est reconnaissable car il est noir rayé de blanc. Son nom est  Aedes Albopictus et il n’y en a pas à la Martinique contrairement à une rumeur répandue car il peut être confondu avec son très proche cousin l’Aedes aegypti  qui a colonisé les Antilles. Le tigre est par contre bien présent à la Réunion.

Le moustique tigre est l’une des dix espèces les plus invasives au monde.  Il est présent sur tous les continents et dans 80 pays. Il est arrivé en France hexagonale en 2004 et s’est désormais installé dans 30 départements du sud. Selon les scientifiques tout l’hexagone pourrait être colonisé d’ici 2030. La conséquence directe est que la population de France hexagonale est potentiellement exposée à une des épidémies dont les DOM sont régulièrement victimes. A la base le tigre vie principalement dans un environnement forestier mais il s’est fort bien adapté à l’habitat humain ! Pas très vigoureux, le tigre pique en journée et plus particulièrement à l’aube et au crépuscule. Et, mauvaise nouvelle pour nous, il semblerait que notre sang soit le met d’excellence de ce moustique.  Délaissant le sang d’autres espèces il préfère nettement -selon les scientifiques- le sang humain, sûrement meilleur !

Son proche parent, Aedes aegypti,  qui s’est installé aux Antilles est le principal vecteur de la Dengue mais aussi du Chikgungunya ou du Zika, il peut aussi véhiculer la fièvre jaune. Il mesure environ 5 mm. Moins foncé que le tigre, et pour ceux qui ont de bons yeux, il est identifiable grâce aux marques blanches sur ses pattes et un dessin particulier en forme de lyre sur le thorax.  Il se reproduit à l’intérieur des habitations et peut piquer à n’importe quel moment de la journée. Il passe l’essentiel de sa vie à l’intérieur ou aux alentours des habitations d’où ils ne sort qu’à l’âge adulte. Sa  distance de vol est limitée en moyenne à 400 ou 500 mètres. Les femelles pondent de 50 à 100 œufs en une seule fois. Et ils peuvent éclore en 24 h si les conditions sont favorables. De l’œuf au moustique il faut à peine 10 jours pour un développement complet. Autre point critique important : leurs œufs résistent à la dessiccation, c’est-à-dire qu’ils peuvent rester des jours voire des mois au sec et éclore plus tard dès qu’ils sont au contact de l’eau.

@ La précaution individuelle : première mesure de prévention

Même si des mesures de lutte contre les moustiques sont réalisées par les autorités sanitaires et se font généralement par pulvérisation de produits chimiques ou biologiques, les mesures de prévention individuelles et de  protection sont très simples à appliquer :

  • Changer l’eau des vases à fleurs (et vider les coupelles)
  • Nettoyer les gouttières des maisons
  • Éliminer les déchets autours des maisons
  • S’assurer de l’étanchéité des citernes d’eau (mettre un filet à petites mailles sur les bidons qui recueillent l’eau de pluie)
  • S’assurer de l’étanchéité des fosses sceptiques
  • Curer les caniveaux et canaux d’évacuation des eaux de pluies
  • Dormir sous une moustiquaire
  • Utiliser des produits répulsifs
  • Porter des vêtements longs (surtout le soir)
  • Installer des moustiquaires aux portes et fenêtres.

CS.com

Infos : service de démoustication  Martinique : 0596 59 85 44, Guadeloupe : 0590 80 94 94, St Martin / St Barthélémy : 0590 27 90 88,  Guyane : 0594 25 49 89, Réunion : 0262 97 90 00, Mayotte : 0269 61 12 25, DAS de Polynésie Française : +689 46 58 46

[1] http://www.cmete.com/vaccinations/vaccination-encephalite-japonaise

Les articles liés

© CARAIBESANTE.COM 2014 ASSOCIATION ALLIANCE MEDICALE
Réalisation et Production S.M
HONConduct163919
CE SITE RESPECTE LA CHARTE HONCODE.
Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Que signifie le respecte de la charte HONcode  La charte HONcode.
Vérifiez ici notre Certificat de conformité.

Retour en haut

Aller à la barre d’outils