MALADIES NOSOCOMIALES : QUAND L’HOPITAL REND MALADE;

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Photo : metiseurope.eu

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Lieu symbolique de soins, l’hôpital est aussi un incroyable réservoir de maladies. Les infections nosocomiales sont contractées à l’hôpital et représentent un véritable problème de santé publique, l’hôpital est-il toujours un lieu sûr?

@ Plus de morts que sur la route

Les chiffres sont des plus éloquents : environ 4000 décès par an plus que le nombre de morts sur les routes de France. Les maladies nosocomiales ne sont pas un phénomène isolé mais représentent un véritable danger pour les malades et un souci permanent pour les médecins.

D’après Christophe d’Enfert de l’Institut Pasteur,  les maladies nosocomiales se sont  fortement  développées à partir des années 80.  Paradoxalement ce développement peut être imputé -au moins en partie- aux progrès médicaux. Pour favoriser le succès des greffes par exemple, les médecins prescrivent des immunodépresseurs qui abaissent les défenses naturelles et permettent ainsi aux microbes de s’installer dans l’organisme. De même l’utilisation d’antibiotiques à large spectre (capable de détruire un large éventail de microbes) -souvent nécessaire, permet le développement de bactéries redoutées comme le Candida Albicans une levure très courante puisqu’environ 70% des personnes en sont porteuses. Cette levure est responsable dans les cas les plus bénins de  mycoses superficielles (champignons sur la peau). Depuis des efforts en la matière ont été réalisés par  les autorités sanitaires et les infections nosocomiales sont globalement en recul.  Mais depuis 30 ans on observe une augmentation des cas de septicémie (infection générale). Les infections urinaires, les infections des plaies opératoires et les pneumopathies sont les maladies nosocomiales les plus fréquemment développées. Trois bactéries sont responsables de plus de la moitié des infections nosocomiales : « Escherichia coli », 25% des cas, « Staphylococcus aureus» (staphylocoque doré), 19% des cas et « Pseudomonas aerugiosa », 10% (source INSERM). Or, nos antibiotiques actuels sont de moins en moins efficaces face à l’apparition des souches microbiennes résistantes. Plus grave encore, la recherche dans ce domaine est véritablement en panne.

@ Une situation potentiellement « explosive »

La Cire Antilles-Guyane (Cellule inter-régionale d’épidémiologie), dans son bulletin de Mai 2001, sous la plume du Dr Philippe Quenel,  rapporte que depuis 2010, 4 cas de Staphylocoques dorés résistants à la méthicilline –un antibiotique de référence censé éliminer ce microbe- ou SARM Communautaire, sont apparus à St Martin. Dans  trois des quatre cas, la souche microbienne identifiée provenait d’un clone des USA-Canada où la situation épidémiologique est jugée « explosive » par l’auteur.

Chaque hôpital est pourtant doté d’un comité de lutte contre les infections nosocomiales chargé d’organiser la surveillance et de renforcer l’hygiène. Dans les pays du Nord les infections nosocomiales sont moins fréquentes notamment pour les cas de staphylocoques dorés résistants à la méthicilline (SARM). Ils représentaient en 1992 moins de 1% au Danemark, contre près de 30% en France (en baisse nette cependant entre 1993 – 2007).

Le taux de mortalité associé aux septicémies reste élevé (40 à 50%).  Les maladies nosocomiales touchent principalement les personnes en état de faiblesse, les personnes âgées, les diabétiques, les personnes immunodéprimées. Les services les plus sensibles sont ceux de réanimation, cancérologie, infectiologie, transplantation. Le quatrième cas un enfant était infecté par un SARM-Co provenant d’une souche européenne. Or ces cas de SARM-Co s’ils ne sont pas détectés dès l’entrée à l’hôpital peuvent évidemment contaminer d’autres patients et le personnel soignant.

@ 1 malade sur 20 est atteint

L’hygiène des mains surtout demeure une barrière efficace et essentielle contre le développement des microbes. L’utilisation régulière et systématique de gel hydroalcoolique à l’hôpital est un bon moyen de réduire la propagation microbienne de même que l’isolement  des malades déjà infectés. Malgré ces précautions, 1 malade sur 20 est atteint de ces affections au cours de son séjour à l’hôpital.  Heureusement toutes ne sont pas mortelles et peuvent être soignées… à l’hôpital.

CS –fév.2012

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