L’Huile de Palme : Quel danger pour la santé?

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L’huile de palme est sans doute la plus controversée des huiles alimentaires. Peu chère, elle est partout présente dans les préparations industrielles. Difficile de trouver un biscuit, une viennoiserie ou un plat cuisiné qui ne contienne pas d’huile de palme. Mais que sait -on vraiment sur cette huile décriée tant du point de vue écologique que du point de vue de la santé?

L’huile de palme est un vrai sujet de polémique à l’échelle mondiale. En France métropolitaine le débat a été vif puisque la commission des Affaires Sociales du Sénat avait proposé une sur-taxation de l’huile de palme qui a été refusée par la même commission mais de l’Assemblée Nationale.

Le principal reproche fait à l’huile de palme est qu’elle contient beaucoup d’acides gras saturés – c’est vrai. L’huile de palme contient en effet de 9 à 20 fois plus d’ acides gras saturés que l’huile de colza par exemple. Mais elle en contient à peu près autant que le beurre et 2 fois moins que l’huile de coco.

Que reproche t-on aux acides gras saturés? Tout simplement d’être nocifs pour le cœur et d’être à l’origine de maladies cardiovasculaires. Or, ce principe, fortement ancré dans les mémoires depuis une trentaine d’année, est en train d’être remis en cause. En effet, une méta analyse très sérieuse (Siri Tarino PW et al.) – de 2010, a repris une vingtaine d’étude scientifiques sur le sujet et montre « qu’il n’existe pas de preuve significative permettant de conclure que les graisses saturées soient associées à un risque accru de maladies cardiaques ». Pourtant l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) préconise de limiter l’apport journalier en graisses saturées à 12% de l’apport énergétique total quand la consommation moyenne des français est estimée à 16%, plus encore que les américains! Alors que les américains sont plus affectés par les maladies cardiovasculaires que les français : c’est le « french paradox ».

On a maintenant bien établi que toutes les graisses saturées n’avaient pas toutes le même impact sur la santé. Les graisses saturées dites « à longue chaîne » comme l’acide palmique (huile de palme) serait beaucoup plus néfaste pour les artères que celles dites à « chaîne moyenne » plus facilement assimilées par l’organisme et qui auraient même selon certains spécialistes des effets plutôt positifs sur la santé.

@ L’organisme fabrique aussi des acides gras saturés

Tous les acides gras présents dans l’organisme ne proviennent pas d’une alimentation directe. Le foie par exemple fabrique des acides gras saturés à partir d’alcool ou de sucres par exemple. Difficile donc de prétendre que les seuls aliments contenant des acides gras saturés sont les responsables de maladies cardiovasculaires si on ne tient pas compte de ceux qui permettent au foie d’en fabriquer.

Selon le Pr Legrand qui s’exprime dans le journal professionnel « Nutrioninfos »[1]. la consommation moyenne d’huile de palme serait de 2kg par habitant et par an et représenterait 10% des apports journaliers des français – en deçà donc des 12% recommandés par l’ANSES. Elle ne serait donc pas problématique à cette dose souligne t-il. Mais cela reste très théorique. L’huile de palme n’est donc pas toxique en soi mais une fois de plus c’est l’abus de consommation qui peut poser problème.

Comment le simple consommateur peut-il savoir ce qu’il consomme exactement? Difficile à savoir car la législation aujourd’hui n’impose pas aux industriels de renseigner leur produit sur la quantité d’huile de palme contenue dans leurs produits.

Le plus souvent l’industriel ne mentionne que la présence d’ « huile végétale » sur les étiquettes. Ce n’est qu’à partir du 13 décembre 2016 que la déclaration nutritionnelle deviendra obligatoire (Règlement n° 1169/2011 du parlement européen). La proportion des acides gras saturés devra être indiquée pour chaque produit vendu.

@ Les redoutables graisses hydrogénées

Il ne faudrait pas confondre les acides gras saturés avec les acides gras trans qui eux sont des produits de transformations des graisses dont la toxicité a été largement démontrée. On les découvre en lisant les étiquettes. Ce sont les produits qui contiennent des graisses « hydrogénées ». Elles augmentent le taux de « mauvais » cholestérol ou LDL cholestérol et abaisse celui de « bon » cholestérol ou HDL cholestérol.

Les matières grasses sont fondamentales dans l’alimentation et nécessaires mais elles sont « fragiles » et n’ont pas toutes la même valeur pour la santé. Certaines sont bonnes, d’autres néfastes. Notre conseil : consultez systématiquement les étiquettes avant d’effectuer vos achats, limitez le plus possible vos apports en graisses saturées, polyinsaturées ou mono insaturées. Diminuez aussi votre consommation d’alcool et de sucres car elles permettent, au foie surtout, de recréer des graisses.

CS. com

[1] Nutritions infos N°36

Originaire de Guinée, le palmier à huile est le plus productif des oléagineux. L’Indonésie et la Malaise fournissent 87% du marché mondial en huile de palme. Pour sa culture, de vastes étendues forestières ont été détruites entraînant des espèces animales au bord de l’extinction dont la plus en vue est un grand singe endémique de ces régions: l’orang-outan. Depuis 2004, une « table ronde de l’huile de palme durable  » (RSPO) a été crée pour une certification internationale s’appuyant sur trois principes : développement économique, écologique et social. N’empêche, le mal est déjà fait et les surfaces agricoles continuent de se développer au détriment de l’habitat naturel de la faune sauvage.

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