L’ESCLAVAGE, EST-IL LA CAUSE DE SUR-DIABETE AUX ANTILLES?

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Photo : Alliance Médicale

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Les Caraïbes font partie des régions du monde les plus touchées par le Diabète. Avec environ 8% de personnes atteintes, le taux de diabétiques dans les caraïbes françaises est plus de deux fois supérieur à celui de la métropole. D’où vient cette différence ? Pourquoi les caribéens sont-ils plus touchés que d’autres ? Une des raisons invoquées et fortement répandue serait la traite négrière.

@ L’esclavage comme simple explication?

Le passé des peuples caribéens est un domaine toujours sensible, l’esclavage un douloureux stigmate. Certain médecins s’appuyant sur « certaines études » ont avancé et soutiennent ouvertement la thèse selon laquelle la traite négrière aurait provoqué une sélection naturelle qui aurait favorisée le développement du diabète avec pour conséquence l’épidémie que l’on connaît aujourd’hui. Le commerce triangulaire qui s’est exercé du XVIème au XIXème siècle serait donc à l’origine au moins en partie de cette flambée de diabète– ce n’est pas notre avis .

@ Aucune étude sérieuse

C’est au XVIIIème siècle que la traite s’est accélérée, plus d’un million de captifs débarquèrent  aux Antilles françaises[1]. Les esclaves, traités comme une marchandise, voyageaient dans des conditions extrêmes et nombre d’entre eux mouraient avant d’atteindre les Amériques. Le volet  génétique de la maladie aurait donc été amplifié durant cette période. Aujourd’hui, les  arrières, arrières petits enfants seraient victimes de cette sélection et développeraient davantage de diabète. Cette théorie semble bien se fondre dans le tableau culturel et social caribéen actuel se diluant volontiers dans l’amertume de la négritude et ajoutant à l’infamie de traite négrière. Mais aucune étude sérieuse n’a été réalisée sur ce sujet – elle serait d’ailleurs bien difficile à mettre en place- il ne reste que des suppositions, des hypothèses qui ne sont pas vérité. La sélection naturelle « Darwinienne » ne s’effectue que dans la durée, par adaptation, par mutation. L’évolution n’est que la réponse à un milieu changeant. Or le voyage jusqu’aux îles durait environ deux mois. Face aux conditions terribles de ces voyages, les plus robustes, avaient quelque  chance de survie. Un captif diabétique de type 2 aurait eu bien du mal à survivre à ces conditions, son handicap constituait un facteur de risque très élevé. Quant au diabétique de type 1 – insulinodépendant- il n’avait aucune chance de survie. Aussi sévères que furent ces conditions elles ne représentaient qu’une épreuve brutale mais limitée dans le temps. Ce n’était pas un changement lent  d’environnement  cause d’adaptation et d’évolution par sélection génétique.

@ Les privations alimentaires aurait plutôt eu un effet contraire

Le stress du voyage ajouté au traitement alimentaire sévère aurait naturellement et statistiquement joué en défaveur d’un diabétique. On devrait donc observer mathématiquement, après  le passage des générations, moins de diabétiques dans les populations noires des caraïbes que dans les autres populations ayant eu de bien meilleures conditions de vie. Or, c’est le contraire qu’on constate aujourd’hui.

Peut-être devrions-nous chercher plutôt du côté des comportements alimentaires actuels pour trouver une explication -moins historique- mais sans doute plus réaliste du développement du diabète dans les Caraïbes.

Alliance Médicale. CS-  AVRIL 2012



[1] « Histoire de Antilles françaises » – Paul Butel –éd.Tempus.

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