Les égouts : nouvelle source de médicaments

FOCUS, RECHERCHE Commentaires fermés sur Les égouts : nouvelle source de médicaments 172

Cela paraît incroyable mais à l’heure où les antibiotiques peinent à combattre des bactéries multi-résistantes devenues insensibles à ces thérapies  les chercheurs se tournent vers une technique ancienne qui consiste à utiliser des virus tueurs prélevés dans les égouts !

Face aux échecs thérapeutiques de plus en plus fréquents contre les infections, des médecins et chercheurs commencent à s’intéresser de près à une thérapie plutôt originale : la phagothérapie.  Utilisée dans les pays de l’Est dès la 1ère guerre mondiale pour soigner les infections cette technique de substitution aux antibiotiques venus de l’occident, refait parler d’elle après avoir été oubliée. Dans les eaux des égouts on trouve en effet des virus appelés « phages » qui sont capables de détruire des bactéries responsables d’infections graves que nos antibiotiques actuels même les plus puissants ne peuvent éliminer. Ces phages sont de fabuleux tueurs. En présence de bactéries pathogènes, les phages s’accrochent à sa paroi externe, la perforent  injecte leur ADN (matériel génétique)  et utilise celui de la bactérie pour se multiplier. La bactérie finit par éclater en libérant des clones du virus qui vont à leur tour s’attaquer aux autres bactéries  qui infectent l’organisme. Ce qui apparaît intéressant pour les chercheurs c’est qu’un type de phage ne s’attaque qu’à un type précis de bactérie en délaissant  les autres ce qui permet de cibler parfaitement l’agent infectieux. Certains phages par exemple ne s’attaquent qu’au terrible staphylocoque doré responsable d’infections graves et qui est difficilement éliminé par nos antibiotiques.

@ Difficile à admettre dans une société aseptisée

Une entreprise française, Pherecydes Pharma,   s’est lancée dans cette technique de phagothérapie pour traiter notamment les grands brûlés particulièrement sensibles aux infections. Les essais préliminaires expérimentaux ont permis de constater des résultats qualifiés « d’extrêmement impressionnant ». Cette entreprise s’est déjà  constituée – à partir des eaux sales – une belle bibliothèque de phages. Mais si cette technique a l’avantage d’être peu chère elle ne convainc pas encore les autorités sanitaires habituées  à un environnement plus sécurisé pour la production de médicaments. Cependant après de longues et laborieuses négociations, la société Pherecydes Pharma a été autorisée à lancer un essai clinique : « Pagoburn », en septembre 2015. Une première mondiale qui pourrait inclure à terme  quelques 200 patients sélectionnés de façon a (re)démontrer l’efficacité de la phagothérapie.  Autre point délicat pour les industriels, il n’est pas possible de déposer un brevet sur le vivant. Il n’est donc  pas possible de conserver un avantage compétitif sur les concurrents  qui pourraient produire à loisir un médicament identique.  Autant dire que les industriels ne se  pressent pas pour explorer cette voie thérapeutique qui pourtant a déjà fait ses preuves. Ils préfèrent miser sur des antibiotiques dont la formule peut être protégée industriellement.  Mais les phages pourraient bien damer le pion aux antibiotiques dans un proche avenir car ils évoluent sans cesse avec les bactéries et constituent un médicament peu chère, efficace, sans effets secondaires a priori et naturelle.

CS.com

Les articles liés

© CARAIBESANTE.COM 2014 ASSOCIATION ALLIANCE MEDICALE
Réalisation et Production S.M
HONConduct163919
CE SITE RESPECTE LA CHARTE HONCODE.
Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Que signifie le respecte de la charte HONcode  La charte HONcode.
Vérifiez ici notre Certificat de conformité.

Retour en haut

Aller à la barre d’outils