LES DESSOUS DE L’EPANDAGE AERIEN

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L’épandage aérien de pesticides continue, malgré la loi, avec l’approbation des pouvoirs publics et son cortège de dérogation à la loi. Clairement nos élus et l’Etat ont fait leur choix : une partie de l’économie locale est plus importante que la santé publique – bel exemple de responsabilité! Mais pour quelles raisons ?

@ Chères bananes

Les intérêts du lobby de la banane sont décidément bien plus importants que la santé des populations. Les dérogations à la loi se suivent et se ressemblent et l’épandage aérien de pesticides continue tranquillement aux Antilles. Malgré les alarmes lancées par le corps médical et les associations pour l’environnement, malgré l’opinion publique et le scandale de la pollution à le Chlordécone dans nos îles,  les autorités publiques se sont rangées derrière le lobby agricole de la banane. Pourquoi sacrifier la santé à l’économie locale alors même que l’Etat répare à coup de millions d’euros les fautes liés à la pollution du Chlordécone?  Pourquoi, dérogation après dérogation prendre un nouveau risque sanitaire et poser les bases d’un nouveau scandale? Nous avons cherché et il ne nous a pas fallu longtemps pour trouver…

Le poids économique de la banane et l’éternelle menace sur l’emploi  dans ce secteur semblent bien mieux entendus que les arguments qui plaident en faveur de la santé des populations. Pourtant il suffit de lire le rapport de la Cours des Comptes 2012 pour voir les extraordinaires incohérences de ce système mais aussi pour comprendre à qui il profite.

@ Le rapport accablant

Photo : Alliance MédicaleLa Cour des Comptes dénonce dans son rapport les excès de la politique agricole outre-mer : « Le montant des aides versées (en) a été augmenté, avec pour objectif de maintenir les emplois dans le secteur agricole. En dehors de ce programme et des aides européennes au développement rural, les aides nationales ont aussi fortement progressé, notamment après les événements sociaux de 2009 et la tenue des « Etats généraux de l’outre-mer ». Au total, le montant des aides agricoles versées à l’outre-mer a crû de 40 % entre 2008 et 2010, passant de 370 M€ à 520 M€ (montant prévisionnel : ndrl) ; il profite aux secteurs de la banane et de la canne à sucre.

@ Le chantage à l’emploi ne tient pas

Le rapport se poursuit et ajoute une remarque au chapitre 15, particulièrement claire : « Le maintien des aides au secteur de la banane, alors que la production était en baisse, aboutit à une aide à la tonne entre 2007 et 2009 double de celle constatée entre 2002 et 2006. L’aide actuelle à l’hectare de bananeraies aux Antilles dépasse 15 000 €, soit plus de 300 000 € pour une exploitation de 20 hectares. Ce soutien ne s’est même pas concrétisé par un maintien des emplois, ces derniers ayant diminué de plus de 40 % dans les exploitations bananières des Antilles. ».

@ Le lobby des agri-millionnaires

 Il apparaît donc évident que la banane antillaise n’est en réalité pas viable sans ces extraordinaires subventions issues de l’argent publique. On remarque que les subventions ont augmenté en quelques années de 40% et, dans le même temps, l’emploi  lui a chuté dans la même proportion!  Ces subventions attribuées à quelques dizaines d’agriculteurs seulement ont permis à certains de devenir ces agri-millionnaires dénonçaient notamment par le site « caribcreolenews» [1].  Ces aides européennes issues de la Politique Agricole Commune (PAC) sont attribuées individuellement. Dans un objectif de transparence, le montant des aides attribuées pour chaque société (mais les noms ne figurent plus…) est consultable en ligne  pour 2010 et 2011 sur le site de TELEPAC et l’on découvre souvent des aides dépassant le million d’euro !

On comprend dès lors mieux pourquoi les agriculteurs-pollueurs sont tant attachés à la banane et à l’épandage aérien car ils reçoivent en moyenne 2 fois plus de subventions publiques que les agriculteurs de métropole ! Les agriculteurs de la banane sont ceux qui concentrent le plus ces aides car ils perçoivent à eux seuls 64,7% de ces aides publiques en Martinique !

@ L’adéquation du modèle agricole dans aux Antilles

Côté environnement, le rapport de la Cour des Comptes est éloquent.  La Cour a analysé les conséquences de la pollution par le Chlordécone (insecticide utilisé encore en 1993), tant d’un point de vue budgétaire que sur les autres productions. Elle souhaite notamment que le versement des aides soit lié au respect de la réglementation environnementale, auquel le plan « banane durable » doit contribuer. « L’ensemble des constatations faites conduit à s’interroger sur l’adéquation du modèle de développement agricole retenu pour ces départements » souligne fermement le rapport.

On perçoit donc très nettement à travers ce rapport officiel que les intérêts privés – archi-subventionnés – prennent le pas sur l’intérêt général et que les excès constatés et avérés ne font que s’accroître.

CS – 19 février 2013 – Ph TRUCA

TELEPAC : https://www3.telepac.agriculture.gouv.fr/telepac/tbp/feader/afficherResultats.action. Si le lien existe encore…



[1] http://www.caraibcreolenews.com/news/martinique/1,1458,03-07-2009-agriculture-a-qui-profite-l-argent-de-l-europe-.html

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