L’epidémie EBOLA peut-elle atteindre les caraïbes?

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Le gouvernement de Sierra Leone a annoncé le 7 septembre 2014 que toute la population serait confinée à domicile du 19 au 21 septembre pour lutter contre l’épidémie d’Ebola qui continue de progresser dans ce pays. Le nombre de cas recensé augmente très vite et cette mesure semble plus désespérée qu’efficace face à l’ampleur de l’épidémie.

Les autorités sanitaires Mondiale sont très inquiètes de l’évolution de ce phénomène et appellent à l’aide pour tenter d’enrayer la progression de l’épidémie qu’elles considèrent déjà comme hors de contrôle. La fièvre Ebola peut-elle toucher les Caraïbes?

@ Les Institutions en alerte

Le scénario est loin d’être absurde. Les migrations de populations, les déplacements internationaux de plus en plus fréquents en avion, la densité même des populations sont autant de facteurs difficilement contrôlables d’un point de vue sanitaire. Les virus ne connaissent pas les frontières et il n’est pas impossible que le virus Ebola débarque un jour dans une de nos villes. L’hypothèse est donc tout à fait plausible et déjà envisagée par les autorités. La Directrice de L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) Margaret Chan, déclarait en août dernier :  » Cette épidémie avance plus vite que nos efforts pour la contrôler. Si la situation continue à se détériorer, les conséquences peuvent être catastrophiques en termes de vies perdues mais aussi de perturbations socio-économiques et de risque élevé de propagation à d’autres pays ». Cette organisation internationale craint une explosion du nombre de cas dans les prochaines semaines.

le Bulletin de veille sanitaire de la CIRE des Antilles-Guyane[1] interpelle les autorités sanitaires caribéennes : « La région Caraïbe présente un contexte spécifiquement favorable pour l’ émergence ou la résurgence de pathologies infectieuses » . Or, la maladie à virus Ebola est une de ces maladies infectieuses dont parle la CIRE. Si le risque de contamination, précise ce bulletin, est faible au delà du continent Africain, il n’est pas nul. Les maladies infectieuses peuvent se répandre très vite et surgir tout aussi rapidement. En Polynésie par exemple, la CIRE confirme qu’on observe actuellement une émergence du virus Zika, transmise par les moustiques du genre Aedes (les mêmes moustiques qui transmettent le Chikungunya ou la Dengue).

En août dernier, l’OMS déclarait encore que l’épidémie actuelle de fièvre Ebola constitue « une urgence de santé publique de portée internationale ». La vigilance sera t-elle suffisante pour empêcher le virus de se propager d’un continent à l’autre?

@ Déjà connu mais plus violent.

Le virus Ebola est connu depuis 1976. A cette époque, deux flambées sont apparues simultanément au Soudan et au Congo. C’est l’une des maladies les plus virulente du monde. Le virus se transmet à l’homme au contact d’animaux sauvages de forêt, les chauves souris notamment. Mais le virus a la capacité de se transmettre d’homme à homme et donc de se propager dans la communauté humaine. il se transmet par contact avec le sang ou les sécrétions de personnes infectées (sueur, sperme, etc.) où même par des environnements qui ont été souillés par ces sécrétions . Le fait de toucher ou de manger de la viande (généralement de la viande de brousse : animaux tués dans la forêt africaine) contaminée peut infecter le consommateur. Si cette viande est cuite correctement, sa consommation n’entraîne pas de risque d’infection car le virus est détruit par la chaleur.

Il existe 5 espèces de virus Ebola identifiés qui ne présentent pas toutes les mêmes caractéristiques. Une espèce, le RESTV apparue aux Philippines semble bénigne et ne provoquerait ni maladie ni décès.

@ Les premiers symptômes ne sont pas toujours faciles à identifier

Les symptômes de la maladie à virus Ebola ( virus de l’espèce « Zaïre » actuellement identifié en Afrique de l’Ouest) apparaît brutalement après une période d’incubation pouvant varier de 2 à 21 jours (8 jours en moyenne). Il n’y a aucun risque de transmission pendant la période d’incubation et le risque reste faible au début de la phase symptomatique. Lorsque la maladie est déclarée, le malade développe une forte fièvre (>38,5°C), il ressent de vives douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge, une forte éruption au niveau de la peau. Surviennent ensuite des nausées et des vomissements, une atteinte des reins et du foie et puis apparaissent dans les cas très graves des hémorragies externes mais aussi internes. le virus agit alors comme un scalpel qui dissèque les organes. Dans ces cas hémorragiques le décès survient rapidement dans plus de 80% des cas. Pour un malade atteint d’Ebola Le taux de mortalité varie de 50 à 90%. Un test sanguin est nécessaire pour vérifier qu’un malade est bien atteint du virus Ebola car les symptômes initiaux peuvent porter à confusion avec d’autres maladies comme le paludisme. Même si des vaccins prometteurs sont en cours d’expérimentation sur les singes notamment et même si l’expérimentation a déjà été réalisée sur l’homme à titre exceptionnel, il n’existe pas de traitement à l’heure actuelle. Rappelons simplement qu’un vaccin n’est pas un traitement mais un médicament de prévention de la maladie.

@ De l’épidémie à la pandémie

Depuis 1976 l’OMS a enregistré pas moins de 18 « flambées » de fièvre Ebola meurtrière exclusivement sur le continent Africain, dans les états subsahariens. Mais c’est la première fois qu’on enregistre une épidémie de cette ampleur : plus de 2400 morts (dont 200 professionnels de santé) et environ 5000 personnes seraient aujourd’hui contaminées depuis sont apparition en Guinée (en janvier 2014 , mais le gouvernement Guinéen ne l’a officiellement annoncé à l’OMS que le 22 mars 2014) alors que lors des épidémies précédentes le nombre de décès n’excédait pas 400.

L’épidémie s’est vite propagée. Après la Guinée elle a atteint le Libéria, la Sierra Leone, le Nigéria, le Sénégal et maintenant la République Démocratique du Congo. Mais dans ce pays l’espèce de virus serait différente. Elle aurait quand même déjà provoqué la mort de 31 personnes. Si aujourd’hui l’épidémie reste de faible ampleur et concentrée dans quelques pays africains elle pourrait très vite et très facilement s’étendre à d’autres continents et toucher des milliers ou des dizaines de milliers de personnes de part le monde. L’épidémie deviendrait alors pandémie.

La prévention passe par l’isolement – la quarantaine- comme on le faisait dans les temps plus anciens pour éviter la propagation de la lèpre ou de la peste.

L’aide surtout financière des pays extérieurs -140 millions d’euros annoncé par l’Union Européenne alors que l’OMS réclame 1 milliard d’euros- sera t-elle suffisante pour enrayer l’épidémie alors que les structures de soin n’existent quasiment plus dans les pays contaminés ?   La fermeture des frontières des pays les plus touchés ne risquerait-elle pas d’aggraver leur situation économique sociale et sanitaire ? Si le virus venait à toucher un pays comme Haïti, déjà très fragilisé par une épidémie de choléra et dont les flux migratoires vers les pays de la Caraïbes sont très élevés que pensez-vous qu’il advienne ?

CS. Ph TRUCA / Sept. 2014

Réf: OMS. Bulletin épidémiologique CIRE Antilles Guyane n° 2/ Juin-août 2014

 

[1] Bulletin épidémiologique n° 2 Juin-août 2014

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