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LE MONOPOLE DES PHARMACIES ATTAQUE

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Pharmacie

Après la parapharmacie, La vente libre de médicaments en grande surface semblait une suite logique pour les patrons de grandes enseignes. D’autant que l’Autorité de la concurrence a émis un avis favorable à la vente de certains médicaments  avec  l’objectif  de faire baisser les prix. Devant cet avis, la volonté affirmée  des grandes surfaces a redoublé mettant les pharmaciens en émois. La perte de leur monopole sur la vente des médicaments présente le risque à court terme de voir disparaître un grand nombre de pharmacies et avec elles un pan entier du système de santé français . Michel Edouard Leclerc, patron de l’enseigne Leclerc avait affirmé il y a quelques mois que l’ouverture de pharmacies dans ses magasins était une priorité stratégique.

@ Un soulagement  pour les pharmaciens?

Pour les pharmaciens, il s’agit là quasiment d’une question de vie ou de  mort. Le monopole des pharmaciens  d’officine sur la vente des médicaments est inscrit dans le code de santé public mais une simple loi peut effacer ce privilège. Aussi la profession s’est unifiée pour s’assurer auprès de la ministre de la santé, Marisol Touraine, que cette prérogative exclusive  resterait bien aux mains des pharmaciens. Dans une lettre adressée à la ministre le 16 septembre 2013 l’Union des groupements des pharmaciens d’officine exprimait ses inquiétudes. La réponse fut assez  claire car la ministre leur a annoncé que le gouvernement  « n’envisageait pas de modifier la législation » – un petit ouf! de soulagement a parcouru la profession à cette annonce. Mais gageons que la partie de bras de fer engagée entre les pharmaciens d’officine et les grandes surfaces n’est pas encore terminée.

@ Une menace qui plane toujours.

En effet, sous la pression économique, le gouvernement – qui est déjà revenu plus d’une fois sur sa parole-  a autorisé le 12 juillet dernier (parution au J.O du 23 juin 2013) la vente de médicaments sur internet  -mais toujours sous contrôle des pharmacies. Ce même gouvernement,  le 26 septembre 2013, a annoncé qu’il autorise -à titre expérimental-  la vente de médicaments à l’unité afin de limiter le gaspillage. En effet, un médicament sur deux en France ne serait pas utilisé et chaque ménage français disposerait en moyenne d’une réserve d’ 1,5 kg de médicament dans son armoire à pharmacie.

Autre argument de poids qui pèse pour faire craquer ce monopole,  L’autorité de la concurrence avait aussi révélé que dans plusieurs pays Européens dont l’Italie la libéralisation partielle du médicament avait permis de réduire le prix en moyenne de 25%.

CS – 5 oct. 2013