L’ARBRE ROUGE A LEVRE

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Appelé l’arbre « rouge à lèvre » à Tahiti, et de nom scientifique « Bixa orellana » le roucouyer est un arbuste très connu dans les Caraïbes puisqu’il est originaire d’Amérique. Il était indispensable aux indiens caraïbes qui en faisaient un drôle d’usage et aujourd’hui encore le roucou trouve des applications que vous ne soupçonnez peut-être pas.

@ Le quotidien des indiens caraïbes

Dans ses chroniques « Voyage aux îles » le Père Labat, ecclésiastique mais surtout célèbre aventurier de la fin du XVIIème siècle a pris soin de décrire le roucouyer et l’usage quotidien qu’en faisaient les indiens Caraïbes qu’il décrit comme « les plus indolentes créatures du monde ». Il écrit : « Les indiens ou Caraïbes, en font pour leur usage (le roucou qui était appelé « rocou » à l’époque : ndlr), car ils n’ont point d’autres habits que cette peinture dont les femmes ont le soin de les barbouiller tous les matins ». Les graines de roucou sont rouges. C’est peut être pourquoi les indiens ont reçu ce surnom de « peaux rouges ». Les graines contenues dans des gousses hérissées de pointes sont couvertes d’une pellicule cireuse qui les entoure totalement. Cette fine pellicule intéressait les Indiens Caraïbes pour s’habiller comme le dit le père Labat mais surtout pour se  protéger du soleil et des piqûres d’insectes, maringoins ou moustiques. Les indiens Caraïbes mélangeaient cette substance colorée et cireuse avec de l’huile de carapa pour se protéger la peau quand les colons le cultivaient pour obtenir un colorant. La pâte de roucou qui résultait d’un procédé de macération des graines, filtrage et chauffage servait comme première couleur pour teindre les laines blanches.

@ Un colorant toujours apprécié

Aujourd’hui encore le roucou est utilisé comme cosmétique et colorant. Il existe sur le marché plusieurs crèmes solaire et bronzantes à base de roucou. L’industrie agroalimentaire l’a adopté pour colorer en rouge ou orangé nombre de produits bien connus. Des fromages comme la mimolette ou le cheddar contiennent un colorant, le E160b réalisé à base de roucou. Le roucou  est aussi utilisé comme colorant dans la cuisine asiatique et mexicaine et aux Antilles  l’huile de roucou (huile neutre colorée après macération de graines de roucou) est appréciée des connaisseurs.

La pellicule cireuse rouge de la graine de roucou contient en effet deux  pigments la bixine (rouge) qui est soluble dans les corps gras (liposoluble) et la norbixine (orangé) soluble elle seulement dans l’eau (hydrosoluble).

On prête aussi à la plante toute entière de nombreuses vertus médicinales – non reconnues par la médecine occidentale officielle.

En Colombie par exemple, le roucouyer fait partie de la pharmacopée des guérisseurs pour soigner les infections. In vitro, il semble en effet que le roucou ait un pouvoir antibiotique notamment sur les bactéries Eschericia coli, Bacillus cereus, et même Candida albicans. Son pouvoir serait analogue à celui d’antibiotiques majeurs (1).  Au Brésil, les feuilles du roucouyer servent traditionnellement à combattre les effets du venin des serpents et les Indiens Wayapi de Guyane appliquent les bourgeons légèrement chauffés sur les abcès cutanés.

 

CS – Ph TRUCA avril 2012

(1)     http://www.phytomania.com/roucou

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