Le Poisson est-il toujours aussi bon?

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Tous les nutritionnistes vous le diront : le poisson, c’est bon pour la santé. Seulement voilà,  le poisson n’est plus ce qu’il était. L’ANSES, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation de l’Environnement et du Travail, a publié ses recommandations sur les bénéfices / risques  liés à la consommation de produits de la pêche et ce n’est pas très encourageant.

La Direction générale de l’Alimentation à demandé en 2012 à l’ANSES[1] de réaliser une expertise sur les bénéfices/  risques de la consommation de produits de la pêche. En 2013 elle rend ses conclusions.  Tout le problème est d’évaluer l’apport nutritionnel indiscutable de la chair de poisson au regard des contaminants, polluants multiples comme les PCB(s), la dioxine, le mercure, etc. qui s’attaquent au système nerveux central ou peuvent provoquer des cancers. En conclusion de ce travail délicat,  l’ANSES propose de réduire sa consommation de poisson à 2 portions de poisson par semaine, même moins pour les poissons fumés plus fortement contaminés. Pour les enfants et les femmes enceintes,  la recommandation est de « limiter leur consommation » de poissons prédateurs sauvages comme requin, marlin, espadon, bonite. l’ANSES déconseille même à cette population sensible mais aussi aux diabétiques, aux personnes âgées, aux cancéreux, et autres catégories souffrants de lourdes pathologies de consommer des fruits de mer crus. Les poissons d’eau douce, eux, font partie d’une catégorie à part. Ils sont considérés comme des  accumulateurs de produits chimiques et leur consommation doit être encore plus réduite et  limitée à 2 fois par mois. Voilà qui est rassurant !

 

@ Les POP:  indestructibles ou presque

Les Polluants Organiques Persistants (POP(s)) infiltrent la nourriture. Hautement résistants à la dégradation, ces POP(s) demeurent dans les organismes durant des années voire des décennies et s’accumulent dans la chaîne alimentaire.  En 2006, une étude qualifiée de « révolutionnaire » par  deux chercheurs  norvégiens, J. Ruzzin et A. Goksoyr [2], montrait que les poissons gras comme le hareng ou le saumon pêchés dans la mer Baltique constituaient la principale source de contaminant POP(s) en Finlande. De nombreuses preuves scientifiques suggèrent que l’exposition à long terme à des polluants environnementaux joue un rôle clé dans l’épidémie actuelle de diabète.  Les POP(s) présents dans les poissons gras et d’élevage »  sont parvenus à induire des troubles liés au diabète  et à l’obésité mais également à neutraliser les avantages potentiels des oméga3  » dont la chair des poissons gras est riche.

En avril 2013, les marins-pêcheurs défilaient dans les rues de Fort-de-France pour  demander plus d’aides car de plus en plus de zones côtières sont interdites à la pêche sur des distances toujours plus grandes,  les poissons et les langoustes étant impropres à la consommation à cause de la pollution au Chlordécone. Le Chlordécone est un perturbateur endocrinien avéré, un organochloré  neurotoxique classé cancérogène possible dès 1979, et interdit aux Etats-Unis depuis 1976. « Le chlordécone est piégé dans la vase des estuaires, il va être largué à chaque tempête. Il y en a pour des générations ! » déclarait au journal « Le Monde [3] », N. Diaz, biologiste pour le comité régional de Guadeloupe.

 

@ Une législation dépassée.

Elle vise à réduire l’exposition des populations aux effets nocifs des polluants sur leur santé, et elle part d’un principe fort simple qui consiste à considérer que plus la dose de polluant est élevée, plus les conséquences sur la santé sont néfastes.  C’est le principe dit de Paracelce[4]. Pourtant,  il existe des produits chimiques connus et reconnus qui provoquent même à très faibles doses de graves dysfonctionnements métaboliques : ce sont les Perturbateurs Endocriniens (comme le fameux  Bisphénol A). Les doses « tolérables » selon les législateurs sont calculées selon le poids corporel  sans distinction entre les enfants, dont le système immunitaire est moins mature, et l’adulte. De plus, les doses journalières admissibles ne concernent qu’un produit à la fois et il n’existe aucune étude sur les cocktails de polluants qui sont généralement la règle dans la prise alimentaire !

CS – Fév. 2014


[1]   Voir : http://www.anses.fr/fr/content/poissons-et-produits-de-la-p%C3%AAche-synth%C3%A8se-des-recommandations-de-l%E2%80%99agence

[2]   Chercheurs postdoctoral du département de biologie de l’université de Bergen en Norvège

[3]   « Guadeloupe : monstre chimique », Martine Valo, « Le Monde » – 17 avril 2013

[4]   Médecin Suisse du XV siècle considéré comme le père de la toxicologie. Il a notamment écrit « « Toutes les choses sont poison, et rien n’est poison ; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison. »

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