INQUIETANT DEVELOPPEMENT DES BACTERIES MULTI-RESISTANTES

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Le petit monde des bactéries pathogènes gagne du terrain et résiste de plus en plus à nos antibiotiques. On observe de plus en plus de cas de  multi-résistances même aux traitements les plus agressifs. Conséquences : le nombre de mort par infection augmente, et les DOM sont très touchés.

@ Des bactéries qui ne craignent plus les antibiotiques

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)[1] présente un rapport inquiétant sur une situation qui se dégrade. Les infections nosocomiales (voir notre article « Quand l’hôpital rend Malade »), infections contractées à l’hôpital, se renforcent  et sont de plus en plus difficiles à maîtriser.  « Acinetobacter baumanii » (AB) est une de ces bactéries qui a attaqué sévèrement plusieurs régions de France hexagonales mais aussi la Martinique avec des conséquences parfois mortelles. AB est une infection opportuniste sévère qui touche particulièrement les patients fragilisés (donc les malades présents à l’hôpital). Certaines souches peuvent résister aux plus puissants antibiotiques comme l’imipenème.  Elles sont appelées ABRI (AB Résistants à l’ Imipenème). Sur une période de 10 ans environ le nombre de cas ABRI signalés a fortement augmenté passant de  3,2% des cas de AB détecté entre 2003 et 2008 à plus de 11% sur les seul cinq premiers mois de 2011!  Avec une accélération dès 2009. Cette augmentation exponentielle ne rassure pas les autorités sanitaires. Sur 315 cas en France signalant une infection à ABRI, 160 décès au total ont été constaté.  Les voies respiratoires, urinaires ou infections généralisées sont les plus fréquemment rencontrées et 2 épidémies on été signalées en France dont une au CHU de fort-de-France. (L’autre dans le Nord-pas-de-Calais)

La contamination par cette bactérie, pourtant 20 fois moins recensées que le fameux et redouté staphylocoque doré, est essentiellement réalisée par le contact des mains. Les services hospitaliers de réanimation, de médecine de chirurgie, d’oncologie (cancers : ndlr) ou brûlés sont parmi les plus exposés à cette infection bactérienne AB.

 @ Une hygiène rigoureuse pour  prévenir

Des mesures spécifiques en Martinique ont dû être mise en place pour limiter la prolifération de cette bactérie. De juin 2010 à octobre 2011 le CHU de fort-de-France a recensé pas moins de 39 cas d’ABRI. On pense que l’émergence de ces souches résistantes est due, au moins en partie, à l’augmentation de la consommation d’antibiotiques à large spectre (pouvant éliminer un grand nombre de bactéries différentes : ndlr) mais aussi, souligne le rapport, leur diffusion a été favorisé par « (…) des dysfonctionnements organisationnels (sous-effectifs, approvisionnement en tenues) et de pratiques (pose et entretien des lignes veineuses, mésusage des antiseptiques, mauvaise application des précautions standard et contact) ».

Les équipes soignantes ont alors été systématiquement sensibilisées à l’hygiène des mains. Un bionettoyage renforcé à la vapeur a été également mis en oeuvre. 2 services ont même dû être fermé pendant près d’une semaine. Ces mesures ont heureusement porté rapidement leurs fruits et l’épidémie a pu être enrayée dès octobre 2011.

CS –  juillet 2012



[1] http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Derniers-numeros-et-archives/Archives/2012/BEH-n-31-32-2012

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