HTLV : Le " Sida Tropical"

HTLV : Le  » Sida Tropical » 

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HTLV, de l’anglais Human T-lymphotropic virus ou virus T-lymphotropique humain est le premier rétrovirus au monde infectant l’homme à avoir été isolé. C’était en 1981, avant la découverte d’un autre rétrovirus : le VIH – responsable du Sida. Des médecins du CHU de la Martinique ont été parmi les premiers à découvrir les effets dévastateurs du HTLV. Moins connu que le VIH, le HTLV est pourtant redoutable et bien implanté dans la caraïbe.

La « myélite martiniquaise »

C’est en Martinique que s’est tenu du 18 au 21 juin 2015 la 17e Conférence Internationale sur HTLV et virus associés où les spécialistes du monde entier ont échangeaient et confrontaient leur expérience sur ces infections. Et ce n’est pas par hasard si cette conférence a eu lieu à la Martinique. En effet, En 1985, dans le service de neurologie du CHU la Meynard les médecins ont observé des cas de « myélite » – infection de la moelle épinière qui entraîne une paralysie des membres inférieurs. Ne comprenant pas l’origine de cette maladie, ils l’ont dénommé simplement « myélite martiniquaise ».

Poursuivant leurs recherches ils ont alors découvert que cette paralysie était en rapport avec le virus HTLV-1 détecté chez les patients victimes de cette « myélite martiniquaise ». Ils publièrent alors des articles dans la presse médicale spécialisée qui attirèrent l’attention de chercheurs du monde entier. Reconnue, elle fut alors renommée « paraparésie spastique tropicale ou TSP ». En 1986 une équipe japonaise a mis elle aussi en évidence une maladie similaire associée à HTLV-1 : « Associated Myelopathy » ou HAM. Finalement les deux effets de la maladies furent rassemblées sous un même vocable : TSP/HAM. Le « sida Tropical ».

Un très vieux virus

S’il fut découvert seulement en 1981, le virus HTLV est beaucoup plus vieux. Comme le VIH provoquant le Sida, c’est un singe infecté par ce virus qui a contaminé un premier humain. Il y a de cela plus de 2000 ans. On a en effet retrouvé des momies sud-américaines qui étaient porteuses de l’HTLV. Depuis la découverte de ce premier rétrovirus HTLV-1, deux autres types ont été isolés : le HTLV-2 et HTLV-3.

Facteur de cancer

HTLV-1, premier rétrovirus découvert chez l’homme est un « oncovirus » appelé ainsi parce qu’il provoque des transformations dans les cellules et peuvent générer des cancers. Il est principalement la cause de deux maladies très sévères, d’une part la leucémie-lymphome T de l’adulte (cancer du sang), mais aussi une neuromyélopathie chronique, invalidante. C’est une maladie neurodégénérative – qui atteint les nerfs – et ressemble beaucoup à la sclérose en plaques.

Un virus qui peut dormir longtemps dans l’organisme

Selon les chercheurs « des facteurs génétiques rendraient certaines personnes, voire certaines populations, plus susceptibles que d’autres d’être infectées par ce rétrovirus ». Les virus HTLV-1 et HTLV-2 n’ont pas autant d’impact sur la santé humaine que le VIH, car seulement 3 à 5 % des personnes infectées souffriront d’une maladie grave. La maladie débute de façon insidieuse et évolue souvent lentement. Les premiers signes de l’infection peuvent évoquer une maladie urinaire comme des difficultés à uriner ou une incontinence urinaire, des infections urinaires à répétitions ou des signes rhumatologiques comme des douleurs articulaires, des sciatiques, des crampes, et des difficultés par exemple à monter les escaliers. Entre 1 et 5 % des personnes infectées par le HTLV souffriront – de quelques mois à trois ans après avoir été infectées par l’HTLV – d’une myélopathie et développeront une paralysie des membres inférieurs jusqu’à se déplacer en fauteuil roulant. D’autres pourront être atteintes d’une infection oculaire, de maladies articulaires et/ou d’inflammations auto-immunes. Quelquefois, les symptômes surviennent beaucoup plus tard. Après une longue période de silence qui peut varier de 20 à 40 ans après l’infection à HTLV-1. Certaines personnes développeront alors une leucémie/lymphome de l’adulte de type T (LLAT), un cancer très agressif qui attaque les globules blancs et entraîne la mort chez 50 % des patients en six mois. Une prise de sang permet de rechercher des anticorps dans le sang pour confirmer le diagnostic de l’infection à HTLV. Le mode de transmission du virus HTLV est le même que celui du VIH responsable du Sida. C’est par contact avec le sang, le sperme, les sécrétions vaginales ou le lait maternel que se transmet ce virus. Il se réplique de la même façon que le VIH et infecte les cellules humaines selon le même processus.

Une forte présence dans la Caraïbe.

15 à 25 millions de personnes seraient actuellement infectées par le HTLV-1 – moins toutefois que celles porteuses du VIH estimées à 35 millions. Les zones de forte présence sont la région Caraïbe, l’Amérique Centrale et du Sud, l’Iran, l’Afrique et le sud du Japon. A la Martinique la prédominance des cas de TSP/HAM se situe dans le Nord Atlantique.

Quels traitements?

Il n’existe pas de traitement contre l’infection à HTLV 1, la maladie ne peut être guérie à l’heure actuelle mais les médecins peuvent soulager et prolonger la vie les malades en traitant les symptômes.

  1. COM Dr S. TRUCA

Réf : A .Gessain .Virus HTLV1 et Myélopathie chronique (Neurologie tropicale)

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