EXISTE T-IL ENCORE UNE ALIMENTATION CREOLE?

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Avec l’évolution de la société, notre alimentation Caribéenne s’est considérablement modifiée. Nos grand-mères ne connaissaient pas les soupes en sachets, les chips, les pâtisseries industrielles et autres sauces en poudre. Adieu ti-nain, soupe z’habitants, féroce et autres pâtés en pot et quelles conséquences sur notre santé?

@ Un problème culturel de « poids »…

Si les « grandes personnes », nos anciens, mangeaient eux aussi gras et salé, salaisons, morue salée, accras,  ils mangeaient moins de viande plus de poisson et ils compensaient largement par l’activité physique. Les travaux aux champs étaient durs, il fallait se déplacer à pied bien souvent et l’on mangeait ce que le jardin produisait.

Fi de tout cela ! La culture moderne est arrivée ! Avec elle plus de confort, de communication et de loisirs  mais aussi moins d’effort physique, et la facilité de la grande consommation. Ces changements ont imperceptiblement modifié notre culture et notre société. Les conséquences n’en sont pas moins grandes. L’obésité apparaît désormais dès le plus jeune âge, le diabète et l’hypertension artérielle avec leur lot de complications. De nos jours, avec la profusion de produits industriels mise à notre disposition, la facilité d’accès aux aliments, la sédentarité importante, notre nourriture créole s’est déstructurée, nous nous nourrissons sur le modèle « américain » : trop riche en « mauvaises graisses », trop sucrée et trop salée. On a beau le répéter c’est un fait dont beaucoup n’ont pas réellement pris conscience.

@ Toujours plus gras

Globalement nous avons tendance à consommer trop de mauvaises graisses dites saturées. Elles sont principalement d’origine animale contenues dans le beurre, les fromages, la charcuterie ou les viandes rouges. Elles se dénaturent à la cuisson ou à la friture. Elles augmentent le mauvais cholestérol ou LDL et sont responsables de prise de poids, de maladies cardio-vasculaires de phénomènes inflammatoires et de certains cancers. Les graisses cachées des produits industriels, glaces, plats cuisinés industriels, charcuteries comme les saucisses ou les pâtés finissent par être néfastes pour notre santé. Nous pourrions par contre remplacer avantageusement les graisses saturées par des graisses insaturées. L’huile d’olive, l’avocat, et même le gras du canard en contiennent. Elles augmentent le « bon » cholestérol et protègent le cœur et les vaisseaux.

On les trouve aussi dans les huiles végétales de soja, de noix, de colza, dans les poissons gras tels que le coulirou, le thon, et dans les huiles de tournesol, maïs, pépins de raisin. Elles préviennent les maladies cardio-vasculaires. Mais ces graisses, à haute température se décomposent en substances nocives. Attention donc aux fritures, aux aliments noircis ou brûlés.

@ Les mauvaises habitudes

Dans les Caraïbes, îles traditionnelles du sucre, nous avons la mauvaise habitude de rajouter du sucre au sucre. Deux ou trois cuillères de sucre dans une petite tasse de café quand ce n’est pas quatre pour certains n’est-ce pas trop ? Pourquoi rajouter du sucre dans les jus de fruits frais. Après avoir payé un lourd  tribu pour produire le sucre, devrons-nous en payer un autre pour abus de sa consommation ? Les sodas et limonades, les boissons à base de coca, les « floups » ont une teneur en sucre bien trop élevée. Plus on en boit, plus on a soif cela crée la dépendance au sucre et ce n’est pas une illusion.

Le sel aussi est trop présent dans notre alimentation. Nous dépassons largement la quantité     recommandée quotidienne qui est en moyenne de 2 à 3 g par jour. Les chips ou biscuits apéritifs, les cacahuètes, la morue salée, salaisons, les plats cuisinés industriels sont excessivement salés. Cet excès est responsable notamment d’hypertension artérielle trop fréquente sous nos latitudes. Comme les américains, nous délaissons progressivement les aliments de base et les plats traditionnels, colombo et autres soupes au giraumon  pour les produits industriels souvent trop gras, trop salés, trop sucrés. En cédant à la facilité de la cuisine « fast-food » à toute heure nous déstabilisons notre alimentation avec des conséquences sur notre santé. Prendre conscience de ces changements et réagir sans tomber dans l’obsession de « l’aliment parfait » est la première étape vers l’équilibre.

Dr Sophie TRUCA  màj oct. 2013

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