Des bactéries qui s’attaquent aux plastiques

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Que faire de nos déchets qui s’accumulent jusque dans les océans à tel point qu’on parle d’un septième continent. Des chercheurs japonais viennent de découvrir une bactérie mangeuse de plastique[i] qui pourrait peut-être apporter une solution à nos problèmes de pollution, à moins que…

Un 7ème continent a été découvert. Il est décrit par le journal « Le Monde » ainsi : « (…) une immense plaque de déchets évoluant dans le nord de l’océan Pacifique, de la taille d’un tiers des Etats-Unis ou de six fois la France ». C’est en fait une soupe composée de milliards de particules de différents plastiques en suspension flottant à la surface de l’eau et  jusqu’à 30 mètres de profondeur. Ces fines particules finissent par se déposer en tapis sur le fond de l’océan en éliminant toute vie. Elles contaminent les poissons et autres organismes marins qui meurent par ingestion.

C’est aussi la signature de notre civilisation qui a abusé et abuse encore du plastique. Il existe différentes sortes de plastique et pour beaucoup d’entre elles nous ne savons pas comment les éliminer. Or, voici qu’une équipe de chercheurs japonais vient de découvrir une bactérie nouvelle un peu spéciale…

@« Ideonella sakaiensis »

On la dénomme déjà « Ideonella sakaiensis », c’est le premier organisme vivant repéré capable de dégrader et d’assimiler complètement le plastique de type PET (polytéréphtalate d’éthylène) très fréquent dans notre environnement et qui entre notamment dans la composition des bouteilles et des cartes de crédit. En fait ces plastiques sont essentiellement des dérivés du pétrole. La bactérie anti-PET décompose le plastique en sécrétant des enzymes qui cassent les liaisons moléculaires et font disparaître le composé. L’équipe des chercheurs de l’Université des arts et techniques de Kyoto a passé au crible des centaines d’échantillon biologiques et a fini par repérer cet organisme vivant microscopique. Le journal « Les Echos » estime que cette découverte pourrait aider l’humanité à se débarrasser des millions de tonnes de déchets accumulés depuis des décennies et qui polluent terres et mers. Mais à la vue des quantités amassées cela relève plus d’un vœu pieu que d’une réalité écologique. En fait, ces bactéries digèrent assez lentement ce plastique et les chercheurs pensent déjà manipuler génétiquement ces dévoreuses pour implanter leurs gènes dans d’autres bactéries plus voraces encore afin de s’attaquer à nos montagnes de déchets en plastiques.

@ On a déjà identifié d’autres mangeuses de plastiques

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs découvrent des bactéries capables de digérer des matières polluantes. Ainsi une équipe sino-américaine a découvert en 2015 que l’estomac des larves de vers de farine (ténébrion), contiennent des bactéries dévoreuses de polystyrène. Cette matière plastique très légère est utilisée dans le bâtiment comme isolant. Elle sert aussi de protection dans les emballages. Ce sont les bactéries de l’intestin de ces vers qui dégradent et finissent par faire disparaître le terrible polystyrène.

En 2012, une équipe d’étudiants en biochimie de l’université de Yale aux Etats-Unis a découvert par hasard qu’un champignon de la forêt amazonienne,  « Pestalotiopsis microspora », avait la capacité de dévorer le polyuréthane, matière considérée elle aussi comme chimiquement stable c’est-à-dire non dégradable. Le polyuréthane est notamment utilisé dans l’industrie pour la fabrication de mousses isolantes, de colles ou de peintures, le fameux Lycra ou les roues des patins à roulettes. Il s’agit là encore d’une enzyme sécrétée par le champignon qui dégrade le polyuréthane en source de carbone, base de la nourriture du champignon.

Les bactéries pourraient bien être la solution pour résoudre nos problèmes de déchets mais là encore prudence car si elles s’attaquent aux déchets elles pourraient tout aussi bien dévorer nos maisons, emballages ménagers et autres vêtements. C’est le revers de la médaille.

La nature semble toujours trouver des solutions face aux agressions chimiques humaines. Cette découverte japonaise n’est qu’un début dans cette quête contre les déchets car les chercheurs pensent qu’ils pourraient certainement repérer prochainement d’autres espèces nouvelles capables de digérer des matières qui  paraissent inaltérables.

On peut dès lors espérer qu’un jour, on trouvera la bactérie capable d’éliminer des polluants aussi résistants et dangereux que la Chlordécone… mais c’est une autre histoire.

CS.com

[i] http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/021760474290-la-bacterie-mangeuse-de-plastique-qui-pourrait-sauver-la-planete-1206515.php#

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