Chikungunya : l’épidémie de rumeurs

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L’épidémie galopante de « chik » dans les Antilles françaises inquiète les autorités sanitaires qui ont bien du mal à trouver la parade. Mais il est un autre phénomène qu’elles n’attendaient pas et plus alarmant encore: l’épidémie de rumeurs…

L’épidémie de chikungunya qui a débuté à Saint Martin (Guadeloupe), s’est rapidement propagée dans les caraïbes, les premiers cas sont apparus dès janvier 2014 à la Martinique et la progression de l’épidémie a été fulgurante. Si le nombre de cas enregistré par les services de l’Institut de veille sanitaire semble marqué un plateau en juillet à la Martinique voire légèrement régresser, le nombre de personnes touchées continue d’évoluer rapidement.

@ Mobilisation générale

Le 8 août 2014, c’est une campagne de mobilisation générale qui est annoncée par les autorités de l’ïle. Conseil Général et Régional se réunissent avec les services de l’Etat pour lutter contre ce fléau qui poursuit son chemin. L’épidémie et si forte que des rumeurs ont commencé à circuler sur l’origine de ce phénomène. A tel point que l’Agence Régionale de Santé, Conseil Général et la Préfecture de la Martinique ont co-produit une plaquette d’information : « Haltes aux Rumeurs » éditée sous forme de questions -réponses : « Vrai ou faux » pour tenter de désamorcer cette bombe. Mais rien n’y fait, la méfiance de plus en plus marquée des populations vis-à- vis des autorités de tutelle réduise l’ effort à néant. Les services de l’Etat ont identifié une dizaine de rumeurs qui polluent l’atmosphère, le travail des bénévoles et professionnel de santé au point que l’Union Régionale de Professionnel de Santé a dû elle aussi produire un document d’information pour convaincre la population. La première de ces rumeurs et non des moindres : « Ce n’est pas le moustique qui transmet la maladie ». Tous les moustiques en effet ne transmettent pas le » chik » seuls les moustiques du genre Aedès sont vecteurs du virus comme celui de la dengue. Facilement identifiable car porteur de rayures blanches, ces moustiques piquent un patient infecté puis transmette le virus en piquant une autre personne et ainsi de suite. Les virus sont notamment stockés dans les glande salivaires des moustiques et n’affecte pas le moustique. Autre rumeur persistante : « Des Laboratoires ont laissé s’échapper le virus » : Faux, le virus est connu depuis les années 50. Et puis on entend aussi : « La maladie est dans l’air » suggérant que la maladie se transmettrait comme le virus de la grippe. Encore faux , SEULS les moustiques sont vecteurs de cette maladie ( et de bien d’autres d’ailleurs comme la fièvre jaune, le paludisme ou la fièvre Zika). Autre rumeur étonnante :« Le chik ne touche que les populations noires », encore faux. Toutes les populations quelque soit leur couleur de peau sont susceptibles d’être infectées. Une autre affirmation circule : « On attrape plusieurs fois le chik » : Non, une fois les symptômes passés après une première infection, la personne est immunisée apparemment pour une longue période. Par contre dans les Antilles circule en même temps la dengue et le chikungunya et une même personne peut être infectée en même temps par le « chik » et la dengue ou l’un après l’autre. Il n’existe pas de traitement de la maladie actuellement seuls les symptômes sont traités.

@ Guérir avec des feuilles de papayer?

Une autre  rumeur  circule pour guérir du « chik ». Certains prétendent qu’écraser deux feuilles de papayer (mâle), d’en extraire le jus pour le mélanger à une cuiller de miel permettrait de combattre la maladie. Il suffirait d’en absorber une à deux cuillers à soupe par jour pendant deux ou trois jours de suite. C’est là un « rimed razié » qui trouve un écho dans la population mais que votre médecin vous découragera de prendre. L’automédication peut être souvent pire que l’absence de médication.

Très probablement l’épidémie s’éteindra d’elle-même lorsque une majorité forte de la population aura été infectée. Les autorités préconisent – à juste titre – d’éliminer tous les sites de reproduction des moustiques Aedes qui aiment l’eau propre et stagnante. Il est donc recommandé de faire le tour de votre maison pour éliminer les gîtes potentiels de reproduction. Utilisez les répulsifs surtout le soir et gardez avec vous les raquettes anti-moustiques dès que vous vous asseyez. Protégez les personnes âgées et les bébés, plus fragiles, donc susceptibles de développer des formes plus graves de la maladie. Les autorités estiment qu’à ce jour moins d’ une vingtaine de personnes seraient décédées en partie à cause du chikungunya. Mais il n’existe aucun cas avéré où seul le chikungunya serait responsable de décès.

CS-CM 30 juillet 2014

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