Chikungunya : l’épidémie caribéenne

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Les premiers cas sont apparus à St Martin à la fin de l’année 2013 puis l’épidémie s’est propagée à St Barth, à la  Guadeloupe à la  Martinique et en Guyane. Le point sur l’évolution de cette épidémie et les caractères de la maladie.

L’ïle de la Réunion avait été fortement frappée par une épidémie de Chikungunya en 2012. Il n’aura fallu que 2 ans pour que le virus atteigne les Caraïbes. En mai, en pleine épidémie la CIRE ( Cellule Inter-Régionale d’Epidémiologie) des Antilles-Guyane  publiait  son rapport sur l’évolution de ce phénomène. Alors que l’épidémie semblait se calmer à St Martin et St Barth, elle prenait de la vigueur à la Martinique et flambait en Guadeloupe. La Guyane semblait relativement  épargnée.

Début mai 2014 la CIRE Antilles-Guyane enregistrait les données suivantes :

St MARTIN

St BARTH

MARTINIQUE

GUADELOUPE

GUYANE

 Nombre de cas cliniquement évocateurs

3210

490

21820

10600

81

Nombre de décès

3

3

1

La Martinique particulièrement touchée avec plus de 5% de sa population

En fin sept  2014 le nombre de cas semblait se stabiliser voire régresser brutalement dans certaine régions des Antilles françaises alors qu’elle progresse en Guyane. la CIRE estimait le nombre de cas évocateur ayant consulté un médecin  à la Martinique à : 64250 et 78120 en Guadeloupe. En sachant qu’un grand nombre de malades n’ont pas consulté on peut estimé que les 3/4 au moins de la population a été infecté. Il en résulte une immunité collective et donc une diminution de l’épidémie.

@ Le chikungunya : qu’est-ce que c’est?

Comme la DENGUE cette maladie est d’origine virale. La transmission du virus est due  exclusivement  aux moustiques du genre Aedes,  Aedes aegepti et Aedes albopictus ou moustique tigre qui vivent dans  les zones tropicales mais aussi et de plus en plus se sont adaptés aux régions sud de l’europe. Ils se reproduisent dans les eaux propres. Une seule piqûre suffit pour être infecté. Contrairement à une rumeur en circulation cette transmission n’est pas due à un nouveau moustique mutant qui se serait échappé d’un laboratoire.  Le système de transmission est simple : un moustique pique une personne infectée et collecte le virus présent dans le sang puis il va piquer une autre personne qu’il infecte à son tour.

Le plus souvent le chikungunya est une maladie bénigne, certaines personnes ne développent même aucun symptômes. Mais dans d’autres cas elle s’avère plus grave et peut être invalidante.  Dans les cas les plus graves elle peut  même conduire au décès. « Chikungunya » signifie la maladie de « l’homme courbé » en Makondé (peuple d’Afrique australe). Les symptômes varies d’un individu à l’autre. 4 à 7 jours après la piqûre du moustique, apparaissent des nausées, une forte fièvre au delà de 38,5°, des courbatures, des maux de tête (tête lourde), des douleurs articulaires parfois violente. D’autres symptômes peuvent aussi apparaître comme une conjonctivite ou une éruption cutanée avec des démangeaisons. On a signalé des cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques, ainsi que des douleurs gastro-intestinales. Les complications graves ne sont pas fréquentes, mais chez les personnes âgées la maladie peut contribuer à la cause du décès. Chaque individu réagit différemment et tous ces symptômes n’apparaissent pas forcément chez un même individu.  C’est pourquoi la seule façon d’être sûr qu’une personne est atteinte de chikungunya est l’analyse sanguine après une prise de sang. Pour obtenir ses résultats, la CIRE parle de « cas cliniquement évocateur », car les médecins qui rapportent à cet organisme estiment qu’ils sont ou non en présence d’un patient atteint de chikungunya sans en avoir la certitude absolue car certains malades présentent les mêmes symptômes que ceux de la dengue.

La convalescence peut durer plusieurs semaines avec une fatigue persistante. Mais fait remarquable, l’individu qui a été atteint de chikungunya développe par la suite une immunité durable contre la maladie.

Hélas elle peut évoluer dans certains cas en maladie chronique (peut durer plusieurs années) invalidante et incapacitantes.  Il n’existe aucun remède contre cette maladie seuls les symptômes peuvent être traités. Le paracétamol doit être préféré à l’aspirine et l’ibuprophène durant la phase aiguë et tant qu’un diagnostic d’infection par le virus de la dengue n’a pas été définitivement écarté.

@ La protection

Il est nécessaire de se protéger contre les attaquent de moustiques et d’éliminer tous les sites de reproduction. Portez des vêtements longs, employez des répulsifs, gardez près de vous une raquette électrique anti-moustique lorsque vous êtes assis ou allongé. La moustiquaire imprégnée d’insecticide est recommandée pour les bébés. Penser à vider l’eau des vases, l’eau des gobelets à dent, les bacs de récupération d’eau à l’arrière des réfrigérateurs, renversez à l’extérieur tous les objets  susceptibles de recueillir de l’eau : cuvettes, déchets creux, pot de fleur, débris de véhicule, etc.  il en va de votre santé…

@ La projection : l’Europe menacée.

Avec le réchauffement climatique maintenant bien établi, c’est tout l’habitat de la faune et de la flore mondiale qui va être bouleversé et qui est en train de se modifier sous nos yeux. 4 cas de chikunkunya  autochtone (non importé par) on déjà été recensés à Montpellier. On estime qu’une douzaine de maladies tropicales menacent maintenant les zones tempérées dont le chikungunya et la dengue. Le Pr D. Raoult du CHU de Marseille précise que le virus du chikungunya mute toutes les mille réplications. Ce qui exprime le caractère mutagène particulièrement élevé de ce type de virus et rend son adaptation d’autant plus aisée.  Les efforts des collectivités pour éliminer ce moustique semblent s’essouffler car le moustique devient- par adaptation-  résistant aux pesticides employés jusqu’ici pour l’éliminer. Aussi les organismes charger de lutter contre ces moustiques demandent désormais à mieux cibler les endroits à traiter plutôt que d’engager un traitement systématique qui permettrait au virus et au moustique de s’adapter encore plus vite.  Les chercheur du célèbre CDC d’Atlanta  (Center for Desase Control) aux USA ont découvert que le moustique tigre est le vecteur potentiel  de 22 virus dont 4 très dangereux comme la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise ou le virus du Nil occidental

Le plus dangereux des animaux sur la planète sera certainement le moustique tigre dans  les prochaines années, s’il ne l’est pas déjà…

CS. mai 2014 – m à j octobre 2014

Article rédigé avec le concours de la CIRE Antilles-Guyane, de l’institut de veille sanitaire et de l’ARS.

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