Ces contaminants alimentaires qui détraquent notre santé

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Le XXème siècle aura été le siècle de la chimie. Si l’on a constaté une amélioration notable de la qualité de vie grâce à l’essor industriel,  la production de nombreux produits chimiques déversés dans notre environnement et retrouvés dans notre alimentation a, aujourd’hui, des conséquences sur la santé humaine qu’on ne soupçonnait pas hier.

En une seule année – 2009 -, les Etats-Unis seuls ont élaboré 70.000 nouveaux produits chimiques! L’agence européenne des produits chimiques en a, elle, enregistré plus de 150.000 ! Or, certains de ces produits ont une très longue durée de vie et sont particulièrement dangereux.  Aucune région du monde n’est épargnée, les polluants sont partout : même l’Arctique est touchée. Nous baignons tous dans un bain chimique sans même nous en rendre compte.  Songez que pour produire ses pommes,  un agriculteur pulvérise de 20 à 30 fois ses arbres avec des pesticides. Personne n’est à l’abri. Le scandale du Chlordécone aux Antilles françaises a marqué les esprits et a permis à la population de prendre conscience que ces pesticides nuisent à la santé humaine. Tous les humains sont pollués à des degrés divers  et c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité. Nos cellules interagissent avec ces cocktails chimiques qui s’accumulent, se dégradent ou sont éliminés. Mais une exposition prolongée à ces substances parfois très toxiques a des conséquences graves sur la santé comme le soulignait le documentaire de MM Robin diffusé par ARTE : « Notre poison quotidien » (1) étayé par de nombreuses études scientifiques.

 

@ Déjà contaminés !

Une mesure des  pesticides agricoles réalisée par de l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) entre 2006 et 2007 sur un échantillon représentatif de la population française (2) a montré que les Français sont en moyenne 3 fois plus contaminés par les pesticides de type pyréthrinoïdes que les Allemands ou les Américains ! Le taux de 2-5 DCP, un dérivé du dichlorobenzène, utilisé notamment contre les mites, ou dans les désodorisants,  est 10 fois plus élevé dans l’échantillon sanguin / urinaire français que dans une population équivalente allemande !

L’étude de l’INVS montre également que la population française est plus touchée encore par les PCB(s), autres  organochlorés. Ils étaient utilisés notamment dans les encres et peintures ou les transformateurs électriques, et sont interdits totalement depuis 1987. Les concentrations relevées sur l’échantillon représentatif français montrent que les Français sont  4 à 5 fois plus contaminés que les Américains ou les Néo-Zélandais.  L’étude « Timoun » menée en Guadeloupe suite au scandale révélé de la contamination des terres agricoles par le Chlordécone a montré que « lexposition prénatale au chlordécone ou postnatale via la consommation alimentaire est associée à lâge de 7 mois à des effets négatifs sur le développement cognitif et moteur des nourrissons ». Ceci était  annoncé par un communiqué diffusé notamment par le « Quotidien du Médecin » en septembre 2012.

Nous pouvons être contaminés de trois façons : 1/ par notre alimentation (ingestion), 2/ par l’air que nous respirons et 3/ par contact avec la peau. La contamination se produit dès avant la naissance.  Lorsqu’une future maman mange des aliments contaminés, elle en transmet une partie à son bébé à travers le placenta.

Même si de nombreux produits chimiques dangereux ont été interdits d’utilisation, leur longue durée de vie, tels le Chlordécone ou les terribles PCB(s) continuent de nous contaminer. Ils s’accumulent dans nos tissus et peuvent déclencher de graves maladies comme le cancer, le diabète la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer. On peut s’étonner que les autorités ne renseignent pas sur la quantité de polluants présents dans les aliments alors que la loi exige leur d’indiquer leur provenance ou leur composition. Peu d’entre nous savent que nos aliments sont le plus souvent pollués même si les doses peuvent apparaître quelquefois infimes. L’ accumulation des polluants dans l’organisme et l’effet cocktail qui résulte du mixte de ces produits a nécessairement des conséquences sur notre santé à moyen ou long terme. Toute la difficulté des scientifiques aujourd’hui est d’évaluer cet impact alors même que les moyens de recherche dans ce domaine sont très réduits. Par précaution, on recommande de laver les fruits avant de les consommer mais on ne dit pas pourquoi. En fait, il faudrait les laver avec du savon et à grande eau pour éliminer le plus possible le cocktail de produits chimiques qui « collent  » littéralement à la peau des fruits et légumes. En pratique, il est quelquefois impossible de le faire, par exemple avec le raisin ou les autres fruits en grappe. Aujourd’hui, les chercheurs osent avancer que tous ces polluants ont une influence sur la survenue des maladies graves comme le cancer ou le diabète,  deux maladies en forte progression dans notre société.

 

@ Un risque difficilement perceptible

Deux chercheurs Norvégiens (3) prétendent que « l’exposition à long terme à des polluants environnementaux pourrait jouer un rôle clé dans l’épidémie actuelle de diabète ». La journaliste M.M Robin, auteur de plusieurs livres à succès dénonçant les pratiques des grandes industries agro-chimiques (« Le Monde Selon Monsanto » : ndlr) prétend  -sans avoir été démentie – qu’ il y a une corrélation directe entre l’absorption de produits chimiques présents dans nos assiettes et les maladies neurodégénératives (Parkinson et Alzheimer, surtout), les troubles de la reproduction chez la femme et l’homme ainsi que le cancer (4). Une  récente une étude américaine a montré  qu’il existe un lien entre la maladie d’Alzheimer et le DDT, un puissant insecticide organochloré persistant et encore utilisé dans certains pays (5) exportateur agricole. Le lien entre Chlordécone et cancer de la prostate a enfin été établi lors de l’étude « Karuprostate » menée aux Antilles françaises ( voir notre article « Cancer de la prostate et Chlordécone« ). Si les médecins, les biologistes et les toxicologues conscients de ce problème soupçonnent et continuent  d’accumuler  les preuves pour démontrer que ce bain chimique est responsable de nombre de maladies chroniques et neurodégénératives – en forte augmentation dans le monde- les solutions pour le rendre moins toxique ou l’éliminer semblent bien loin des préoccupations de nos politiques actuelles. Il nous faut donc vivre avec ce risque permanent – difficilement perceptible, difficilement contrôlable, mais terriblement nuisible.

C.S – sept 2013 màj 28 janvier 2014

Réf :

(1) http://www.arte.tv/fr/notre-poison-quotidien/3673748.html

(2)INVS : « Exposition de la population française aux polluants de l’environnement » – N. Fréry, A Saoudi, R Garnier, A Zeghnoun, G Falq, L Guldner

(3) »Le rôle des facteurs environnementaux dans les maladies métaboliques, la menace invisible des contaminants alimentaires »  Diabetes Voice déc. 2012 – J. Ruzzin et A Goksoyr.

(4) »Pourquoi manger peut provoquer une mort lente et douloureuse » I. Hansen-Love, 15 mars 2011 « L’Express »

(5) Voir : « Le DDT augmente le risque de maladie d’Alzheimer », Anne Jeanblanc, « Le Point.fr » – 28 janvier 2014

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